Saison 16/17

Continuité dans l’excellence…

…parce que je ne crois ni au confort ni à la routine et parce que le public reste avide de beau, de déroute et d’ivresse, je me devais de concocter une programmation singulière, plurielle et détonante.

Ouvrons donc en grand les portes du 12e opus de Piano à Lyon. Il va y avoir des bourrasques d’air frais et de sacrés courants d’air, parce que cette édition recèle peut-être plus que d’autres des trésors insoupçonnés. En treize moments pianistiques mais pas que…, vont se succéder des pianistes incontournables d’aujourd’hui, au talent hors pair, qu’ils soient déjà célèbres ou à l’aube d’une belle carrière, mais dont le talent, déjà, renverse tout.

Avant d’entrer au coeur de la « chose » artistique et de révéler la trame d’une programmation réjouissante, parlons un peu des lieux : êtes-vous Rameau ou Molière ? Les inconditionnels de la salle Rameau pourront encore toute une année se délecter de son acoustique chatoyante et profiter de la projection du clavier sur grand écran, dont vous êtes friands. Vous êtes plutôt amoureux, transis de l’historique Salle Molière… vous serez sans doute bientôt servis et ravis…

Mais revenons à notre 12e saison : Luis Fernando Pérez, pianiste espagnol débordant d’imagination, ouvre le bal avec les Goyescas, son cheval de bataille ! Ses interprétations font l’unanimité ; elles ont l’art d’être enivrantes, suaves et vivifiantes…

Côté Poids lourds …

… Il y a de quoi plonger dans une certaine sidération : un marathon des sonates beethovéniennes par Gautier Capuçon et Frank Braley et tout le monde devient groupie, tout âge confondu. Avec leur jeu qui ne ressemble à rien de connu, ces deux là soulèvent les salles absolument comme des rock stars, quoi qu’ils interprètent. Capuçon et son violoncelle, c’est un corps à corps sensuel, où chaque coup d’archet révèle une musique exquise. Dans la même catégorie, François-Frédéric Guy, adepte des paris les plus audacieux, tourne la page de son colossal « Beethoven project » et entame celui consacré à Brahms, qu’il conçoit comme un « dictionnaire amoureux du compositeur viennois », dont les trois sonates pour piano. Quant à Nicholas Angelich, il se mesure cette fois à la Sonate de Liszt. De main de maître, il ne fera qu’une bouchée de ce véritable Everest du répertoire pianistique et nous plongera dans l’univers énigmatique et crépusculaire des rares Bûnte Blätter de Schumann … Christian Zacharias s’invite pour la première fois en récital dans notre belle saison, et c’est l’immersion au cœur du romantisme d’outre-Rhin, avec toujours Schumann, mais aussi Schubert et Beethoven, ses fidèles compagnons de voyage…

Côté étoiles…

… Pour son 70e anniversaire, Elisabeth Leonskaja fait une tournée européenne et s’arrête à Lyon pour notre plus grande joie. Un jeu généreux, sensible, d’une virtuosité que chacun jalouse ; une technique exceptionnelle au service de chaque œuvre : respect total ! Et puis, la divine Martha sera là ! Martha Argerich et Piano à Lyon, c’est une histoire qui traverse le temps. La « lionne du piano » vient cette fois avec l’ami de toujours, Stephen Kovacevich. Les deux complices, avec leur jeu si singulier, leur maestria, risquent bien de nous ensorceler ! Deux autres tempéraments de folie, Katia et Marielle Labèque nous livreront leurs versions électrisantes du Sacre et de la sonate avec percussions de Bartòk. Nous l’avons déjà vécu, le public ne sort jamais intact de ce genre de soirées.

Ils seront aussi sous les feux de la rampe…

David Fray, le dandy, revisite Chopin ; Philippe Bianconi, au jeu élégant et racé, s’empare de Schumann, Liszt et Beethoven ; l’énigmatique Piotr Anderszewski, si rare sur scène, revient dans sa ville d’adoption. Sans oublier Alexander Melnikov, le russe mélancolique qui réinvente chaque oeuvre. Pour terminer : le fidèle Michel Dalberto et sous ses doigts, toute la musique française du début du 2Oème siècle.

Alors, passons ensemble une belle saison et, en ces temps plutôt sombres, laissons-nous envahir par le beau, laissons ces magnifiques interprètes nous prendre par la main et nous guider vers des chemins éblouissants.

Jérôme Chabannes
Directeur artistique

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